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2006/11/30 Valérynb: Valéry est longtemps considéré comme un grand poète, son côté épistémologique plus ou moins ignoré. Ci-dessous sont les extraits dans les oeuvres Regard sur le monde extérieur, Tel quel, et Cahier, écrit sur sa réflexion sur soi.
-- Ce n’est pas tant la quantité du savoir qui importe, que la part que vous lui donner en vous. Votre affaire et votre intérêt est de vivifier toute cette matière intellectuelle. Un peu de savoir et beaucoup d’esprit, beaucoup d’activité d’esprit, voilà l’essentiel. --Dieu créa l’homme et, ne le trouvant pas assez seul, lui donna une compagne pour lui faire sentir sa solitude. --Si l’Etat est fort, il nous écrase. S’il est faible, nous périssons. --L’histoire est le produit le plus dangereux que la chimie de l’intellect ait élaboré...L’Histoire justifie ce que l’on veut. Elle n’enseigne rigoureusement rien, car elle contient tout, et donne des exemples de tout. --L’homme moderne est l’esclave de la modernité : il n’est point de progrès qui ne tourne à sa plus complète, servitude. Le confort nous enchaîne. --Le poèm tend à l’essence. La différence est une différence de pureté avec le roman. (ad : a pureté =la simplicité + l’élégance) --L'homme est lui-même son propre dieu et son propre Sphinx. --Que serions-nous, sans le secours de ce qui n'existe pas?
Chopper le Qi qui passe
Depuis mon arrivée, je m’amuse à écouter les universitaires parler de l’idéogramme, du taoïsme avec un ton d’enchantement et un air mystérieux, certainement d’origine de l’exotisme. Et il est très intéressant de voir la vision des Français sur la Culture chinoise (et vice versa, je suppose), qui rend les choses les moins importantes en une sorte de représentation culturelle. Dans une émission culturelle, on invite un sinologue, traducteur de Yi King, le livre des changements et de la mutation, à parler de la « mutation » de l’esprit des Chinois lors de la fête nationale de la Chine(1 Oct). Ce dont il parle n’est pas forcément vrai, j’ai l’impression qu’ il a exagéré plus ou moins ; pourtant il révèle des choses dans la tradition chinoise dont je n’avais pas fait attention auparavant: --L’appellation Zhong Guo : C’est à cause de Qin Shi Huang Di, l’empereur de Qin, que nous appelons la Chine « Qin »...la Chine s’appelle en fait Zhong Guo ,... ca veut dire « pays au centre du monde »...Il s’agit du sentiment du peuple chinois par rapport au reste du monde. --Révolution « culturelle » : ...Ca s’appelle culturelle, alors qu’ elle y’a détruit tant de biens culturelles ;c’est tout simplement parce que l’idéogramme par lequel on désigne cela en chinois, Wen , signifie à la fois « écriture, culture, et raffinement « ; et le Petit Livre Rouge est le 1er ouvrage qui a été écrit entièrement en caractère simplifié. Donc cela porte bien son nom en chinois Wen Hua Da Ge Ming , « grande révolution au sujet de l’écriture ». --L’adaptabilité et « suivre le flux » : Les Chinois ont marqué une évidence, résumée dans Yi King, que « la seule chose qui ne changera jamais, c’est que tout change tjrs tout le temps ».Donc l’adaptabilité est la condition nécessaire pr survivre. Dans la mutation industrielle qui change énormément, par ex, on n’a pas cette notion chez nous qu’ « il faut tjrs être prêt à suivre la conjoncture, à suivre le flux ». Une chose très curieux :les girouettes—pour nous c’est un très mauvais symbole. En Chine c’est le symbole de fidélité : la girouette est tjrs dans le sens du vent, dans le sens du flux.. --Ma-jong et « Chopper le Qi qui passe » : Un jeu chinois que je trouve qu’il faut enseigner dans toutes les écoles commerciales en occident, c’est le Ma-jong ! .... A chaque fois vous prenez un pion dans la pioche, vous en rejetez un autre jusqu’à ce que vous ayez organisé le 1er pied, ...donc il faut avoir au moins 2,3 plans pr pouvoir constamment être en face avec le flux, faut l’observer aussi ;et chaque fois le joueur doit jouer à son tour, sauf si l’un d’eux rejette la pièce qui vous permet de fixer votre pièce. A ce moment-là vous dites « Peng ! », Peng , « Chopper » en chinois. Le 1er sens de ce verbe, c’est « heurter », c’est-à-dire les deux choses en mouvement qui se rencontrent. Chez nous c’est un choc désagréable. En chinois, non, c’est « attraper ce qui se passe ». Un ami chinois qui connaissait bien le français m’avait dit qu’il s’étonnait qu’en français, notre français logique, nous puissions accoler au mot « chance », qch d’évanescent, le verbe « avoir »-- la possession matérielle : « avoir de la chance » ; en chinois, ça se dit Peng Yun Qi , « attraper de la chance » . D’une part, attraper, chopper, saisir Yun Qi . Qi, le souffle ;Yun, qui bouge :« attraper le flux en mouvement ». Donc « avoir de la chance », c’est « Attraper, chopper le Qi qui passe ». GantsCours : Processus de l’hétérologie. Thème : L’Incohésion. Question : Qu’est-ce vous en pensez de cette photo ? I. C’est une sorte de l’amour, dont les deux s’aiment tant alors qu’ils ne se touchent plus. Ils se saisissent les mains, derrière les gants, ils ne se sentent plus la température de l’une et de l’autre. Ils veulent faire l’amour. Ils ne peuvent le faire. Ils le font en regardant les gants. Ils regardent les gants faisant de l’amour. II. C’est une sorte de l’amour, dont les deux corps se rapprochent et se touchent, instinctivement. Pourtant ils ne se sentent pas. Ils font l’amour alors qu’ils ne se reconnaissent pas l’un de l’autre, derrière le gant, là où ils se cachent, se déguisent, se protègent. Ils sont vides à l’intérieur du corps.
Dieu dit, VOUS...Vous allez vous marier. Vous, monsieur, vous allez épouser cette demoiselle qui vous charme ; vous, mademoiselle, vous allez épouser ce monsieur qui vous calme. Que vous alliez voyager ensemble , pour vous installiez en France ou en Chine plus tard. Que vous vous aimiez, vous disputiez ; vous vous quittiez pour vous vous retrouviez ; Que vous feriez de l’amour. Vous vous sauviez, vous vous soulagiez. Vous allez écrire comme Duras ; et vous, vous pensez comme Deleuze. Vous observez le monde comme Truffaut; vous le comprenez comme Camus. Vous partagez l’intelligence et la liberté comme Sartre et Beauvoir. Je ne vous assure pas une vie tranquille, je vous promis un vécu tangible. Que le bonheur permanent vous avène, avec du temps. Amen ! Ci-dessus est un cas du délire hallucinatoire, déclaré sous la pression de rédaction-mémoire et d’innombrable lectures) MZ
Ma vraie patrie, c’est mon enfance.
Pourquoi je suis toujours en retard ?
Je veux un mariage.
Mais t'es où? Romantisme français et Réalisme chinoisJ’ai eu l’occasion d’assister plusieurs fois les discussions des gens locaux sur la situation actuelle. Ici, ce sont souvent les gens âgés, cette bonne génération de Mai 68. Ils se retrouvent par hasard à l’arrêt de bus près du Auchan et discutent acharnement de la situation actuelle, du changement des pouvoirs, des anecdotes des anciens présidents, avec une nostalgie de l’époque des Mitterrand. Ils se misent en d’accord, se disputent, et cela continue dans le bus, à haute voix, malgré tout autre. En descendant, ils vont insister de nouveau leur point de vue en faisant un résumé et, pour terminer, ils s’interpellent : « Au revoir Camarade ! » C’est ce dernier qui me fascine le plus. Une autre fois, j’arrive avec une amie chez elle pour retrouver deux garçons qui ont l’air sérieux. « On vient de se disputer », dit l’un des deux, « je lui ai donné une leçon ». A peine assis, ils ont recommencé. Ils se parlent sans une voix élevée, mais avec l’accentuation des mots, une geste intensifiée, un air d’indignation. Mots clés : Lepan, racisme, étrangers—une des sujets les plus « chauds » dans les débats à l’approche de l’élection présidentielle. C’est à partir de leur façon de discuter, et de leur discussion même que j’utilise le mot « romantique ». Chez les Français se trouve une passion permanente pour la situation actuelle. Ils font souvent la réclamation, ils plaignent beaucoup, alors qu’ après tout la vie continuent, tranquillement, aisément. En Chine les gens discutent peu de la même façon. J’avais entendu beaucoup de complaints, mais sans exigence des changements de situation, autrement dit sans un espoir d’évolution. Sur cela, on peut dire que l’une des plus graves faiblesses de la nation chinoise, c’est l’obéissance, à cause d’une longue histoire de féodalisme (ce qui est bien vrai, et en même temps la raison pour laquelle existe une tradition de suivre le flux chez les Chinois), on peut faire fi de celui qui soupire sans rien dire ni rien faire. Certes. Mais supposons une réclamation acharnée à l’extrême : ce qui se poursuit, en France, serait-ce une évolution plus ou moins satisfaisante( l’affaire CPE en est un exemple) ; en Chine,très probablement une répression tranquille. 2006/11/22 Qu’est-ce qu’il y a sur le drapeau chinois ?(Désolée pour le désordre des articles, dont écrits récents et écrits rattrapés)
Dans un cours de sémiotique. Le prof parle de l’image sur les drapeaux.
--What is the image on the Chinese drap ? --The moon ! (Faint) --...The moon ?? You have the moon on the drap ?! --...Ah no no, the star ! (Pas trop terrible quand même) --Ok. Then how many stars ? --One ! (Multi-faints) --...Only one? --...Ah no, five, five ! Five stars form a cercle. (Mais le cercle c’est l’Union Européenne!!!)
Celle qui donne cette réponse, c’est l’autre Mundus chinoise de notre promotion, mariée en Singapour il y a pl. années après son Master en esthétique chinoise. En l’écoutant, ma première réaction était un « choc » (ce dont l’on a beaucoup parlé dans le cours d’ « Hétérologie »), puis l’ironie et l’absurdité, pour ne pas dire « la pataphysique ». Elle a dûe se tromper avec son anglais bien maîtrisé, sinon elle devait effectivement être dans la lune ; il se peut aussi qu’elle vivait toujours un envoûtement de l’idéologie classique chinoise.
Je finis par trouver poétique l’idée que la lune, véritable symbole dans l’ancien poèm chinois, soit présente sur le drapeau national, au moment duquel marquera la triomphe de l’idéologie. La Chine deviendrait donc un pays d’utopie, pays dont le peuple ont une croyance de la lune. Dans ce sens-là, je crois bien que ce serait la Chine avec un drapeau de lune qui ferait vraiment peur au monde entier.
N.B : Présentation du drapeau chinois--(Vive Wikipedia!) http://fr.wikipedia.org/wiki/Drapeau_de_la_Chine
2006/11/20 Etre plus chinoise en France -- Nostalgie intellectuelleEtre plus « chinoise » en France.
Avant mon départ en France, il y avait plusieurs amis francophones, Français ou Chinois, qui me disaient que j’avais une mentalité plutôt française. C’est également ce que je sentais moi-même à travers la différence de manière d’agir ou de penser par rapport à d’autres Chinois « ordinaires », il m’arrive parfois que je ne saurais plus repérer ma nationalité mentale.
Ici je me sens plus « Chinoise ». Cela non au niveau de mentalité, mais au fait que je suis devenue un support culturel de la Chine (qu’il soit vrai ou faux, peu importe) au yeux des autres. C’est donc avec du plaisir, voire avec une certaine fierté, d’offrir de petits cadeaux en présentant la calligraphie chinoise à une prof-artiste d’installation, en traduisant un poèm Tang de Li Bai à une spécialiste de Valéry ou en explicant un signe de bonheur dans la tradition chinoise à un rechercheur de sémiotique.
Je pense donc à essayer de faire appel à la philosophie ou des manières de pensée chinoises dans la rédaction des dossiers ou du mémoire. Un petit exemple, les prof de la discipline de sémiotique ici sont des disciples de C.S Peirce, qui « a brisé le dualisme, dominant notre manière de pensée depuis Platon » et par rapport duquel Saussure est jugé « nul », alors que la philosophie chinoise pense en « trois » il y a longtemps. Mais finalement, est-ce vraiment possible de le faire, vue que je ne connais pas théoriquement sur la philosophie chinoise (J’ai souvent envie des Français qui font leur cours de philosophie au lycée, et si les institutions chinoises faisaient un peu plus d’effort…) ? Mais je suis quand même Chinoise, et, J’AI le TEMPS.
Nostalgie intellectuelle
Le premier coup de la nostalgie m’est arrivé pendant la lecture des articles d’un ancien prof. Il écrit sur le Shanghai, sur les quotidiens dans cette ville internationalisée, sa charme qui se cache tranquillement derrière le grand flux de la modernisation. Il s’émerveille. Je m’émerveille avec lui, mon cœur rempli d’un certain soulagement et d’une douceur pour mon pays natal. Ville qui est aussi paradoxale que moi, de certaines manières.
Ce n’est pas encore à ce point-là que j’ai ressentis la mélancolie. Ce qui m’angoisse de plus en plus et qui suscite même une jalousie anonyme, c’est le fait qu’il parlait, justement, de la philosophie chinoise. La philosophie, surtout celle de la Chine, domaine que je rêve de maîtriser et que je le pourrais peut-être jamais. J’ai pris « Yijing » avec moi, j’avance peu. Ici déjà il y a trop de lecture à faire. C’est à partir de là que j’appelle une nostalgie intellectuelle, car il ne s’agit effectivement pas de là où l’on est, mais de l’approche de la discipline ou de la carrière. Je ressens donc, avec conscience, une impuissance devant la connaissance même, devant l’éloignement d’une riche civilisation de la Chine. Sans écrit, sans vie- L'histo du "nom"
Le silence a duré long, depuis mon arrivée en France. J’ai eu de la peine à recommencer l’écriture dans l’espace, malgré toute ma volonté et un gros bagage d’idées. C’est en lisant un autre espace, celui qui m’a poussé à créer le mien, que je crois devoir absolument me présenter au bout de 3 mois d’absence. Un grand remerciement à l’auteur de ce dernier, après la lecture duquel j’ai ressenti de nouveau une impulsion des idées, un besoin vif de m’exprimer. Je me force volontairement à écrire, et je revis.
L’histoire du Nom
Au début du semestre, quand on fait la présentation, l’appellation pose problème.
Pourtant certains prof ne sont pas d’accord, ils m’appellent mon prénom chinois, Zhihong. Cela m’a pas mal embêté au premier temps. Déjà en Chine, personne m’appelle Zhihong, (On m’appelle simplement par le nom). Il y a longtemps, maman m’appellait Honghong, comme c’est une façon assez commune dans les familles chinoises d’appler l’enfant en doublant le dernier caractère du prénom. (Maintenant même cette appellation m’a éloigné.). Embêtant aussi parce qu’ils veulement sans doute me respecter et respecter mon identité chinoise, alors qu’ils le prononcent tellement mal avec le règle phonétique français (Zi-õ) pour que je puisse récupérer mon nom.
C’est un cas que j’ai jamais rencontré avant. En Chine, rien n’est plus normal que les étudiants bilingues ont un nom étranger, et les employés chinois tendent à s’appler avec un nom « international » pendant le travail. Certe, cela facilite la communiation internationale et signifie une intégration culturelle. Mais est-ce nécessairement le prix cuturel à payer pour rattraper la modernisation ? A savoir que ce qui est particulier dans le prénom chinois c’est qu’il contient un sens ou un espoir des parents pour leur enfants. (la génération des grands parents essaient souvent de trouver un nom exceptionnel dans le dictionnaire de « Kang Xi ».) A ce propos, il y a un bon moyen que j’ai beaucoup apprécié, c’est de traduire littéralement les prénoms, ce qui ne manque pas un certain poétique. Ainsi Lumière de l’aubre va remplacer « Xiao Ming », etc Toutefois, le problème est toujours là pour mon prénom, dont Zhi signifie l’intelligence, et hong signifie la promotion. Voilà ce bon espoir (ou présage ?) de ma mère pour moi, et je ne peux certainement pas être appelée « promouvoir l’intelligence »…
Malgré tout, l’appelation est à d’autres de l’utiliser, je reste DONG qui parle chinois, Delphine qui parle français. Je tiens donc à préciser à chaque fois mon nom comme « DONG Zhihong ou Delphine », ce ou devenant un titre personnel (sans une exclusion hyirarchique !). |
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