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2006/12/18 Mode de pensée de Xiang (essai de traduction/compte rendu)(Voilà arrive la saison de la rédaction-dossiers/mémo...)
Source :. Conférence de Wang Shu Ren, dép.philosophie, l’Université de Nankin et d’autres univs http://philosophy.cass.cn/dtai/0682.htm
Sujet : le mode de pensée en « Xiang »(image ), et la pratique de l’originalité, retirée de ce mode, vis-à-vis du redressement du pays
Résumé : D’un point de vue comparatif de la culture chinoise et celle de l’Occident, il résume la différence essentielle des deux cultures en celle du mode de pensée ; pr mieux comprendre cette différence il faut aborder les concepts supérieurs du côtés chinois et occidental.
Trois niveaux du Mode de XIANG : (C’est à partir de là que je me demande s’il n’y a pas de points communs entre ce pensée en XIANG et les trois niveaux de perception de C.S Peirce plus le classement des images en image-perception/action/affection de Bergson)
Niv.I : Ju( Ju Ti,concrète) Xiang, image perçue(celle de la sensation) Niv.II : Yi(Yan Yi, sens) Xiang, image appréhendée/comprise (celle de la signification) Niv.III : Wu(Ti Wu, expérimenter) Xiang éprouvée (image du appréhension/expérimentation) Le 3e Niv de Xiang met en valeur une appréhension globale et essentielle de l’Objet en intégrant dans un univers) 2006/12/16 Envoûtement musical
On m’a envoyé une chanson. Chanson chinoise d’un groupe de nos jours, dont le nom « nouvelle rêve dans le pavillon rouge ». Une modulation et un rythme tout traditionnels.
J’ai été prise dans cette mélodie. A partir des premières notes, elle m’emporte dans un univers de quiétude relevant de la poétique chinoise d’il y a de milliers d’années. Les musiques traditionnelles comme telle, plus la poésie ancienne, peut exercer aisément un effet d’envoûtement en moi, qui établie un espace vide où le temps indépendant du présent circule, se reflétant ensuite une image d’ermitage montagneux.
Dans la musicalité traditionnelle habite une enfance éloignée. L’enfance de cette fille qui est maintenant en pleine migration et qui a souvent du mal à s’identifier. L’enfance où elle avait vécu le plus du traditionnel, grâce à sa maman. Toute petite, elle se réjouissait de chanter des poèmes anciens; plus tard, elle jouait au Yang Qing(tympanon), qui l’avait accompagnée pendant toute sa jeunesse. Elle s’hypnotisait sur les airs modulés qu’elle retenait par coeur, elle s’y plongeait dedans ; elle créait son monde à elle et à sa maman, entouré par les notes errantes. Il y avait longtemps, elle intégrait la tradition de cette façon, la musicalité désormais inscrite en elle.
Un souvenir réveillé, un chagrin caché. 2006/12/15 Visite MédicaleLe processus d’obtention du titre de séjour dans les provinces parait beaucoup moins efficace qu’ à Paris. Au bout de 4 mois, j’ai reçu finalement la convocation pour la visite médicale, dernière barrière à passer avant l’arrivée du titre de séjour définitif. RDV à 8 hrs. Centre de pneumologie. On compte seulement 6 personnes au plus dans la salle d’attente. Je suis parmi les premiers six personnes. Simplement le pesage, la vue, la radiologie pulmonaire. Ca va vite passer, je me suis dit. Je me trompe. Le premier qui arrive n’a pas bougé jusqu’à 9hrs. Ca circule, d’une vitesse imperceptible. Un rythme plus lent que Taiji, et encore plus lent que le mouvement du camera durassien—ces idées incohérentes m’arrivent au bout de deux heures d’attente, et j’ai rendu compte qu’ici en France vaut mieux ne pas présupposer le temps d’attente à partir de la dimension de la queue. En Chine on est nombreux dans une queue qui se raccourcit rapidement ; ici on prend du temps pour que tout soit bien carré—les Français sont CARRES. Ca, je m’expliquerais plus tard. Au bout de deux heures, je n’arrivais plus à lire India Song. Moitié ensommeillée, je pense de nouveau à l’idée que j’avais dans tous les procédures administratifs concernant le séjour en France : si..., alors...Si je n’arrive pas à contacter le prof en vacances, alors je n’aurai pas la lettre d’attestation d’études. Si je n’aurai pas de quoi à approuver mes études en France,alors CELA ne va pas transmettre mes dossiers au service VISA. S’il me manque un papier de quoi que ce soit, alors je n’aurai pas mon Visa à l’heure. Si je n’aurai pas mon Visa avant la date du départ de billet d’avion, alors je ne pars pas. Donc si jamais une chose soit bloquée, je ne pars pas, je reste à shanghai. Ce n’est pas plus mauvais que rien. J’ai pu ainsi passé la période la plus stressante dans cette histoire administrative pour rester sang-froid.
Cette fois, je fais une nouvelle hypothèse : si jamais j’avais une tâche dans mon poumon, je rentre sans tarder ; ça m’est égale. Ca m’est égal, malgré tout. 11hr20. Sortie de la porte du centre de pneumologie, je me suis dit, en tout cas une chose est certaine : la radiologie pneumo., je l’ai fait plusieurs fois avant en Chine, mais c’est la première fois que je puisse voir de mes yeux ma carcasse sur le rapport de radiologie, elle est comme une installation artistique à l'intérieure, et « c'est parfait », disait le médecin. 2006/12/14 Ce jour-là, les voeux douces
Certaines personnes peuvent s’en foutent de leur anniversaire, cette date n’est pas plus particulière que les autres dans toute l’année; alors que moi je m’attache à ce jour-là, je le vois même recouvert d’une teinte sacrée.
Il ne m’arrive pas souvent de faire la fête avec des amis à cette occasion. Dans mon souvenir depuis le lycée, ça a devenu une cérémonie personnelle. Je me rappelle bien que, le jour de mon anniversaire, chaque fois il y avait du soleil au bout d’une période du temps sombre et froid. Je me promenais sous ce beau soleil, rare en plein hiver, je remerciais au ciel de ce cadeau qui me réchauffait, me soulageait, et c’était à partir de cette époque-là que j’ai eu l’habitude de regarder le ciel.
Je n’attendais pas les voeux des autres. L’enfant n’aime pas la déception. Pourtant je savais que Ting allait m’écrire sur un bout de feuille, que j’allais lui écrire à mon tour, qu’on allaient faire les tours sur le terrain de sport. Ting était ma meilleure amie de classe. C’était avec elle que j’ai passé les temps les plus difficiles, elle qui m’avait influencé à écrire, et avec qui je partageais la douceur des bouts de feuille pendant tous les trois ans.
Un autre voeu ponctuel vient d’un homme dont je me souviens à peine de son visage. Nous nous sommes rencontrés qu’une fois, comme voisins, dans un auberge désert d’un village de 5000m d’altitude sur le plateau Tsinghai-Tibet. Les deux soirs que l’on étaient ensemble, on discutaient les choses de la vie, on allaient se promener pour apprécier le ciel couvert du rideau d’étoiles en pleine nuit et malgré certains chiens tibétains qui surgissent, avant de se dire adieu. Depuis, il m’envoie une fois par an un SMS lors de mon anniversaire. C’est fabuleux.
Ce jour-là, je parle avec ma croyance à moi. J’aime ma croyance. Je fais un voeu pour le devenir et le vécu à venir, avec ferveur. J’écris davantage. J’ai davantage conscience du découlement du temps filé, de ses traces, en projetant le rétrospective dans la tête.
Mes 23 ans ont été merveilleux. Ce doit être un point de repère marqué par les flots ondulés, au bout desquels toutes mes voeux sont devenues la réalité. Chapeau.
Merci à tous ceux qui m’ont éclairée, pour que je persiste dans ma voie ; ceux qui m’ont appuyée et encouragée, que je puisse continuer à avancer. Merci à ceux que j'aime et qui m’ont aimée. Messages sur le murCes mots récupérés sur le mur des toilettes dans la bibliothèque de la fac.
« Dommage que la France terre de lumière soit peuplée et gouvernée par des cons fachos comme Sarcozi. C’est vraiment triste ! Vive la France ! » Autofaçonnage
Un soir, un rentrant, je me trouve marcher plus vite que les quatre-quatre.
Dans cette rue principale qui aboutit vers le centre-ville, c’était l’embouteillage total. Toutes sortes de voitures, qui bougent à peine, s’enchaînent de façon esthétique, le long de la rue dont les arbres d’alignement décorés de lumière. (Et sans klaxon !) J’ai pu marcher tout en appréciant cette expo nocturne de voiture.
Là il y a une différence évidente entre le cas en Chine et en France., au niveau du nombre des gens qui conduisent. Mais je ne tiens pas à cette différence qui se réduirait certainement avec du temps. Ce qu’il m’est curieux, c’est que les gens puissent se soumettre et se coincer dans cette coque carrée, qu’ils prennent du temps pour le tuer, leur corps s’atrophiant.
Ce dont on vient de parler en cours d’Hétérologie bien inscrit dans la tête, je me dis que ce doit être ce qu’on appelle l’auto façonnage. Se façonner à une vie bourgeoise figée dans la pleine modernité.
Suivons Debord : Ne conduisez pas ! 2006/12/6 Guy Debord-Société du spectacle-II LA SEPARATION ACHEVEE :
1 Toute la vie des sociétés dans lesquelles règnent les conditions modernes de production s’annonce comme une immense accumulation de spectacles. Tout ce qui était directement vécu s’est éloigné dans une représentation. 2 ....pseudo-monde à part, objet de la seule contemplation. ..le mensonger s’est menti à lui-même. ...Le sepectacle en général ...est le mouvement autonome du non-vivant. 4 Le spectacle n’est pas un ens d’images, mais un rapport social entre des personnes, médiatisé par des images. 5 Le specatacle ne peut être compris comme l’abus d’un monde de la vision, le produit des techniqus de diffusion massive des images. ...c’est une vision du monde qui s’est objectivée. 6 Le spectacle, compris dans sa totalité, est à la fois le résultat et le projet du mode de production existant. Il n’est pas un supplément au monde réel, sa décoration surajoutée. Il est le coeur de l’irréalisme de la société réelle. Sous toutes ses formes particulières, information ou propagande, publicité ou consommation directe de divertissements, le spectacle constitue le modèle présent de la vie socialement dominante. Il est l’affirmation omniprésente du choix déjà fait dans la production, et sa consommation corollaire. Forme et contenu du spectacle sont identiquement la justification totale des conditions et des fins du système existant. Le spectacle est aussi la présence permanente de cette justification, en tant qu’occupation de la part principale du temps vécu hors de la production moderne. 8 On ne peut opposer abstraitement le spectacle et l’activité sociale effective ; ce dédoublement est lui-même dédoublé. Le spectacle qui inverse le réel est effectivement produit. En même temps la réalité vécue est matériellement envahie par la contemplation du spectacle, et reprend en elle même l’ordre spectaculaire en lui donnant une ahésion positive. La réalité objective est présente des deux côtés. Chaque notion ainsi fixée n’a pour fond que son passage dans l’opposé : la réalité surgit dans le spectacle, et le spectacle est réel. Cette aliénation réciproque est l’essence et le soutien de la société existante. 9 Dans le monde réellement renversé, le vrai est un moment du faux. 10 ...la critique qui atteint la vérité du spectacle le découvre comme la négation visible de la vie ; comme une négation de la vie qui est devenue visible. 12 Le spectacle se présente comme une énorme positivité indiscutable et inaccessible. Il ne dit rien de plus que « ce qui apparaît est bon, ce qui est bon apparaît ». L’attitude qu’il exige par principe est cette acceptation passive qu’il a déjà en fait obtenue par sa manière d’apparaître sans réplique, par son monopole de l’apparence. 14 La société qui repose sur l’industrie moderne n’est pas fortuitement ou superficiellement spectaculaire, elle est fondamentalement spectacliste. Dans le speectacle, image de l’économie régnante, le but n’est rien, le développement est tout. Le spectacle ne veut en venir à rien d’autre qu’à lui-même. 15 En tant qu’indispensable parure des objets produits maintenant, en tant qu’exposé général de la rationalité du système, et en tant que secteur économique avancé qui façonne directement une multitude croissante d’images-objets, le spectacle est la principale production de la société actuelle. 18 Là où le monde réel se change en simples images, les simples images deviennent des êtres réels, et les motivations eficientes d’un comportement hypnotique. Le spectacle, comme tendance à faire voir par différentes médiations spécialisées le monde qui n’est plus directement saisissable, trouve normalement dans la vue le sens humain privilégié qui fut à dautres époques le toucher ; le sens le plus abstrait, et le plus mystifiable, correspond à l’abstraction généralisée de la société actuelle. Mais le spectacle n’est pas identifiable au simple regard, même combiné à l’écoute. Il est ce qui échappe à l’activité des hommmes, à la reconsidération et à la correction de leur oeuvre. Il est le contraire du dialogue. Partout où il y a représentation indépendante, le spectacle se reconstitue. 19 Le spectacle est l’héritier de toute la faiblesse du projet philosophique occidental qui fut une compréhension de l’activité, dominée par les catégories du voir ; aussi bien qu’il se fonde sur l’incessant déploiement de la rationalité technique précise qui est issue de cette pensée. Il ne réalise pas la philosophie, il philosophise la réalité. C’est la vie concrète de tous qui s’est dégradée en univers spéculatif. 20 La philosophie, en tant que pouvoir de la pensée séparée, et pensée du pouvoir séparé, n’a jamais pu par elle-même dépasser la théologie. Le spectacle est la reconstruction matérielle de l’illusion religieuse. La technique spectaculaire n’a pas dissipé les nuages religieux où les hommes avaient placé leurs propres pouvoirs détachés d’eux : elle les a seulement reliés à une base terrestre. Ainsi c’est la vie la plus terrestre qui devient opaque et irrespirable. Elle ne rejette plus dans le ciel, mais elle héberge chez elle sa récusation absolue, son fallacieux paradis. Le spectacle est la réalisation technique de l’exil des pouvoirs humains dans un au-delà ; la scission achevée à l’intérieur de l’homme. 21 A mesure que la nécessité se trouve socialement rêvée, le rêve devient nécessaire. Le spectacle est le mauvais rêve de la société moderne enchaînée, qui n’exprime finalement que son désir de dormir. Le spectacle est le gardien de ce sommeil. 25
....Le spectacle est la conservation de l’inconscience dans le changement pratique des conditions d’existence. Il est son propre produti, et c’est lui-même qui a posé ses règles : c’est un pseudo-sacré. 28 Le système économique fondé sur l’isolement est une production circulaire de l’isolement. L’isolement fonde la technique, et le processus technique isole en retour. De l’automobile à la télévision, tous les biens sélectionnés par le système spectaculaire sont aussi ses armes pour le renforcement constant des conditions d’isolement des « foules solitaires ». Le spectacle retrouve toujours plus concrètement ses propres présupposions. 30 L’aliénation du spectateur au profit de l’objet contemplé(qui est le résultat de sa propre activité inconsciente) s’exprime ainsi : plus il contemple, moins il vit ; plus il accepte de se reconnaître dans les images dominantes du besoin, moins il comprend sa propre existence et son propre désir. L’extériorité du spectacle par rapport à l’homme agissant apparaît en ce que ses propres gestes ne sont plus à lui, mais à un autre qui les lui représente. C’est pourquoi le spectateur ne se sent chez lui nulle part, car le spectacle est partout. 34 Le spectacle est le capital à un tel degré d’accumulation qu’il devient image.
II LA MARCHANDISE COMME SPECTACLE
...... ....La soumission de leur conscience aux formes dans lesquelles cete réification s’exprime...Cette soumission s’accroit encore du fait que plus la rationalisation et la mécanisation du processus de travail augmentent, plus l’activité du travailleur perd son caractère d’activité pour devenir une attitude contemplative » Deleuze(En pleine préparation des dossiers, écrit plus tard. Bonne lecture)
La culture est le mouvement d’apprendre, l’aventure de l’involontaire, enchainant une sensibilité, une mémoire, puis une pensée, avec toutes les violences et cruautes nécessairs, disant Nietzches, justement pr dresser un peuple de penseurs, « donner un dressage à l’esprit. (Différence et l’esprit) Faire un événement, si petit soit-il, la chose la plus délicate du monde, le contraire de faire un drame, ou de faire une histoire. (Dialogue) – Pouparlers
...Il arrive que des pourparlers durent si longtemps qu’on ne sait plus s’ils font encore partie de la guerre ou déjà de la paix. Il est vrai que la philosophie ne se sépare pas d’une colère contre l’époque, mais aussi d’une sérénité qu’elle nous assure. La philosophie cependant n’est pas une Puissance. Les religions, les Etats, le capitalisme, la science, le droit, l’opinion, la télévision sont des puissances, mais pas la philosophie. La philosophie peut avoir de grandes batailles intérieures (idéalisme-réalisme, etc.)mais ce sont des batailles pour rire. N’étant pas une puissance, elle mène en revanche une guerre sans bataille, une guérilla contre elles. Et elle ne peut pas parler avec elles, elle n’a rien à leur dire, rien à communiquer, et mène seulement des pourparlers. Comme les puissances ne se contentent pas d’être extérieures, mais aussi passent en chacun de nous, c’est chacun de nous qui se trouve sans cesse en pourparlers et en guérilla avec luit-même, grâce à la philosophie.
Sur JJ Godard
--C’est un homme qui travaille beaucoup, alors forcément il est dans une solitude absolue. ...c’est une solitude extraordinairement peuplée.Une solitude multiple, créatrice. C’est du fond de cette solitude que Godard peut être une force à lui tout seul, mais aussi faire à plusieurs du travail d’équipe.
--Ce qui compte chez lui, c’est ET, son usage.. ..La philo est encombrée de discussions sur le jusgement d’attribution(Le ciel est bleu) et le jegement d’existence(Dieu est), leurs réductions possibles ou leur irréductibilité. Mais c’est tjrs le verbe être.... le ET n’est même plus une conjonction ou une relation particulières, il entraîne toutes les relations...c’est exactement le bégaiement créateur, l’usage étranger de la langue, par opposition à son usage conforme et dominant fondé sur le verbe être.
(Avec le ET, Godard cherche à révéler ce que l’on ignore ou l’on veux ignorer, il cherche à troubler)
Bien sûr , le ET, c’est la diversité, la multiplicité, la destruction des identités...mais ce n’est pas une subsistance d’un primat de l’Un, donc de l’être...La multiplicité est précisément dans le ET, qui n’a pas la même nature que les éléments, ni les ensembles.
C’est la force de Godard... Le ET, ce n’est ni l’un ni l’autre, c’est tjrs entre les deux, c’est la frontière, une ligne de fuite ou de flux, ...qui sont moins perceptibles. Et c’est pourtant sur cette ligne de fuite que les choses se passent, les devenirs se font, les révolutions s’esquissent. ...Le but de Godard : « voir les frontières », c’est-à-dire faire voir l’imperceptible . (Le condamné et sa femme, la mère et l’enfant... ) : une frontière imperceptible les sépare, qui n’est ni l’un ni l’autre, mais aussi qui les entraîne l’un et l’autre dans une évolution non parallèle, dans une fuite ou un flux où l’on ne sait plus qui poursuit l’autre ni pour quel destin. ..On sait au moins que c’est là que les choses se passent, à la frontière des images et des sons...C’est ce que Godard a fait dans 6 fois 2 : 6 fois entre les deux, faire passer et faire voir cette ligne active et créatrice, entraîner avec elle la télévision. 2006/12/4 Mundus
Lors de la réunion d’accueil, Monsieur l’Initiateur du programme avait dit que « vous allez vous présenter comme Mundus, pour ne pas se confondre avec les Erasmus. ». Je n’avais toujours pas compris ce mot, apparu dans le titre même du programme. Je le prononçais mal avant d’écouter le prononcer les profs d’ici, ayant l’idée que c’était certainement l’argot d’un groupe hétérogène tel que le nôtre, et qu’il pouvait y avoir une puissance magique. Cela jusqu’au moment où, dans un cours d’Hétérologie, le prof nous expliquait des théories de G. Bataille, que j’ai compris ce que vaut dire le Mundus : « Le dedans et le dehors... comme Mythos, la mythologie, en dehors de Logos, la philosophie...C’est à partir du Chaos que se produit de l’Ordre...Le Chaos, c’est l’Immonde, en dehors du Monde ; Le Monde en français, Cosmos en anglais, ou Mundus en latin. Comme nos amis Mundus dans la salle. » Dès lors j’ai beaucoup apprécié cette appellation. Les Mundus, ceux qui sont en-deçà et au-delà, qui se basculent à gauche et à droite en se fixant sur la ligne de démarcation, en pleine aventure intellectuelle. Une autre fois, à la première séance du séminaire de ma directrice, comme ce que faisaient d’autres profs, elle nous demandait de « sortir une fiche et vous présenter » (tradition de la fac française que nous avons vécue durant le BAC+4 à Nanda grâce à tous nos quatre profs étrangers qui se succèdent). Elle lisait la mienne en rajoutant : «Cette jeune chinoise est Mundus... Les Mundus sont flottants ». Elle me souriait, un air de complice sur son visage. Elle devrait être contente de son jeu de mots, inspiré de notre RDV juste avant le cours, dans lequel je l’avais embêtée avec mon hésitation sur le sujet de mémoire. On est Mundus, flottant. C’est joli. |
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