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2007/2/7 L'amour du métierCe qui m’impressionne le plus pendant la visite de Radio France, c’est la présence d’un univers de travail très actif, une ambiance véritablement agréable. Les reporteurs travaillent en rigolant, les jeunes techniciens du son manipulent le plateau de contrôle comme un DJ, à chaque moment important, ils se disent : « Attention...» Sérieux, sans être stressé ; les animateurs des émissions en direct parlent en pleine émotion, avec pleins de gestes. Une voix magnétique, dont je suis tellement familière et grâce à laquelle j’ai beaucoup amélioré ma capacité de compréhension du français parlé, malgré le contenu même auquel je suis moins intéressée. Une complicité enviable dans toute l’équipe de travail. J’utilise peu ce mot dans l’écrit, mais là je dois dire que c’est vraiment COOL. Jusque là, je trouve le rythme de travail admirable en France. Doucement, fermement, en se laissant du temps et d’espace libres. En plus, un trait touchant que j’ai remarqué, premièrement chez les techniciens belfortains de GE, puis chez les boulanger(ère)s qui chantonnent le prix, les conducteurs qui saluent joyeusement ses clients, quelques nettoyeurs de Perpignan qui dansent le gros balai/ballet le bon matin, ce « Et voilà » de l’homme de librairie Torcatis quand il a pu aider à trouver des livres demandés, et maintenant à la maison de la Radio France... c’est ça, c’est là, c’est le plaisir du métier. 2007/2/3 Paris en liberté (ou décompression étape I)Expo-photo de Doisneau. Jusqu’au 17 fév. Gratuite à l’hôtel de ville
Les photos du Paris quotidien des années 30 aux 90, les visages connus et inconnus. Les scènes, les lieux dans le souvenir. Toute ses mutations. Non un Paris inabordable, mais celui de douceur. Je me promène dans les photos noir blanc, lisant les mots du photographe, de son amour d’un monde « possible d’être aimé », écoutant qu’on m’explique d’un lieu là où il y avait ancien marché, d’un sens impliqué dans le nom de la photo, de son enfance où les écoliers portaient le short, s’enchaînant pour traverser la rue.
Paris des 30, qui ressemble bcp Shanghai de la même époque ;les petites ruelles en pierre, les toits en tuile, ce pouvait être un petit bourg en Chine. Puis les grands immeubles, les voitures. Les haute-couture. Les personnes âgées, toujours élégantes, dans le jardin des Tuilerie. Le regard confus d’un vieux devant une table.
Cette sorte du quotidien dit sublimé va m’emporter aisément dans l’entrelacs du temps. Une touche aussi tendre qu’émouvante.
(Un 2e expo sur Paris de la commune, à la librairie de l’histoire. La ville parisienne toute petite, les fortifications autour, avant l’urbanisation de Haussmann. Les casernes. La guerre prussienne, les ruines. De belles ruines. Une serie du plan de la ville, élargie progressivement.) 2007/1/15 Yiking en situation (réponse à Xiao-bob)14 janv
(Oui Xiao-bob vous êtes français ça se sent dans votre blog J Merci pr la clarification.) Dans mon cas, franchement j’étais comme vous, je ne croyais pas pouvoir comprendre ce livre mystérieux cité juste par le nom dans pas mal d’articles académiques chinois. Pourtant ce que je lis en ce moment m’a rassuré un premier abord assez agréable : Yiking Za Shuo, un livre d’explication de Yiking avec certains commentaires sur la vie actuelle,écrit par NAN Huai Jin, ancien prof philo de l’université de Fudan. Comme ce qu’il a marqué, bcp de règles d’apparence extrêmement compliquée sont en effet intégrés dans la vie quotidienne des Chinois, dans les proverbes, les expressions toutes-faites sans même qu’on en ait conscience. On n’a pas besoin d’exiger l’éducation académique pr comprendre Yiking, il est dans la vie même pour l’éprouver, le ressentir. L’attitude qu’il propose de la lecture est admirable : il faut s’amuser avec , comme du Ma-jong(les traits sur les pions rejoignent les signes des 8 GUA en plus...). Alors il sera préférable de tâter les Gua. C’est de garder une certaine distance devant un état d’extrémité (dont point culminant), ainsi éviter un changement de sens vers l’inverse, ce qui enchaînera la mutation. Je vois cela comme un pendule du TEMPS chronologique : un moment d’équilibre/harmonie ; l’ensemble peut être un circuit, dans lequel tout se répète et se change en même temps... A ce propos, si on arrive à tout comprendre dans le Yiking, à tout calculer, la vie perdra son goût voire son sens ; comme souvent, entre autre, l’ambiguïté ou l’avant-relation demeure l’état le plus beau dans toute une expérience amoureuse. C’est intéressant pr moi d’approcher Yiking de cette façon. Je veux le lire, non pas parce que ça peut prévenir l’avenir, mais que c’est l’origine des pensées classiques chinoises(Lao-Tsu, Chuang-Tsu, Confucius...) qui aidera à mieux comprendre notre culture. Par contre comme ce que disait Ben qui se plonge dans Yiking dans un autre espace, il faut vraiment m’attendre long pour que je puisse bien m’expliquer sur son contenu proprement dit, surtout quand cela s’adresse aux étrangers...Ce serait un long trajet à parcourir, comme celui d’Ulyssée, pour retrouver la racine de sa civilisation, qui est toujours là.
La vogue de Yiking en France, je l’ai constatée plus ou moins et c’est un peu hors de surprise quand j’avais compris ce dont l’on parle ici comme livre de mutation est justement le Yiking. Je ne veux pas que ce soit un livre de divination, ainsi inaccessible ; je ne veux pas non plus qu’il devienne un outil de décision ; c’est peu possible d’ailleurs, car si l’on le comprend d’une mauvaise façon, on ne peut que se conduire vers une fausse route(l’autre extrémité de la sagesse, comme des superstitions d’autre fois découlées des autres branches que Zhou Yi (ce qu’on appelle/traduit généralement comme Yi King) qui font également partie de la science du « Yi ». Quant à cette dame, elle peut s’en acheter, en effet, je serais contente qu’on s’intéresse à la culture chinoise d’ailleurs. Malgré tout, si elle se croit avoir compris une partie et qu’elle trouve ça intéressant comme le rébus français, ce sera un état idéal ; sinon elle le mettra à côté et ne le touchera plus pr vénérer la divinité, alors ce livre deviendra une note de bonheur pour écarter les mauvaises choses(comme ce que font les chinois d’autre fois ...), ça parait pas mal non plus J Finalement, à propos des citations, comme ce que j’essaie d’expliquer en haut, les règles de Yiking, sont intégrées et entrevues dans les classiques, dans leurs dialogues, anecdotes, proses, poèmes, etc. A ce moment Yiking demeure un ens de formules mathématiques et un développement des pensées philosophiques dans les oeuvres classiques. Par ex Confucius a des oeuvres sur son interprétation de Yiking (Yi Ci« 易辞», etc) en prose, avec tout une poétique....Et oui je vois la poétique une meilleure façon pr chiner et comprendre la civilisation de l’ancienne Chine, par rapport à un esprit logique ; sans une vue poétique on ne connaîtra pas la vraie Chine d’autrefois—ce que m’inspire Victor Segalen avec ses Stèles. 2007/1/11 Suite à Romantisme français et Réalisme chinoise10 janv
Moi : Paris ne paraît pas avoir une bonne réputation chez les Français. Comme Shanghai ne l’a pas chez les Chinois. François : On dit ici, Parigot, tête de veau. Moi : Ah ? N’est-ce pas Parisiens, tête de chien ? François : Parigot, tête de veau ; Shanghaien, tête de chien...C’est pas mal non plus... Bon. Je sais que ça risque beaucoup d’utiliser le « les » que je me méfie en donnant des commentaires sur les gens d’une ville(pays, nation, etc.). Je le sais davantage quand j’ai relu mon ancien billet. Mais oui j’ai bien écrit « Ils plaignent bcp, alors qu’après tout la vie continue, tranquillement, aisément. » Peut-être ce n’est pas tellement claire, je l’ai atténué pr ne pas donner une impression péjorative (car à mon avis ça peut être une bonne ou mauvaise chose). En fait ce que je notais comme Romantisme, c’est qu’ils conçoivent mais ils les gardent dans la tête/causerie. Ils voient que ça bouge pas, mais ça n’empêche pas leur joie de vie. Du côté chinois, je crois devoir ajouter une chose : suite à une réclamation acharnée à l’extrême, ce sera la répression ou un l’avènement d’un nouveau régime. Comme une règle simple qu’a marqué dans le Yiking : de petits changements se multiplient pour conduire à un grand. C’est ce qu’on appelle la mutation. A nos jours, si le problème chez les gens les plus humbles en Chine s’aggrave pour que la base d’un régime bouleverse, ce sera le temps de le changer. C’est la règle de jeu politique et historique, je dirais. C’est simple. Donc essayons de définir une dernière fois, ceux qui conçoivent une évolution en se contentant de mener une vie tranquille à côté, le romantisme ; ceux qui sait observer la situation, le réalisme ; ceux qui conçoivent pour agir, comme toi et comme ce que tu dis, Valentin, c’est du pragmatisme ; ceux qui conçoivent de façon irréelle et qui croient pouvoir le réaliser quand même, comme moi, par fois, c’est l’idéalisme( ou alors entêtemanisme...)
En fin de compte, si l’on se coince dans les –ismes, on s’abîme. 2007/1/3 Un monde bloqué ? (oui!)France Info annonce un blocage des réseaux de connexion asiatiques vers l’étranger à cause du tremblement de terre au large de Taiwan. La Chine concernée. J’ai un peu du mal à imaginer que banques, hôpitaux, systèmes de transport, lentreprises de petite taille etc. Doivent suspendre leur service à notre grand nombre de population. Aujourd’hui que nous menons une vie plus ou moins numérisée, devant ce blocage sans précédent, ne serait-il pas une grosse catastrophe virtuelle, comme ce qu’implique l’annonceuse d’un ton qui s’aggrave pour ne pas dire dramatisé... Et supposons que le blocage se passe en France, malgré les passerelles de sécurité de l’Europe, il provoquerait davantage une frénésie de tout le territoire. Déjà, comment les présidents potentiels puissent jeter leur voeux virtuels, comment encore puisse-t-on compter les bulletins de vote ? Ce qui seront bloqués finalement, semble-il, seraient de différentes sortes de jeux humains. NB: après afficher cet article que j'ai écrit hier, je me rends compte que c'est en fait nous qui sont à l'étranger qui ne peuvent plus connecter sur les sites chinois! Pas d'accès à ma boîte de mél, c'est vraiment un pt tremblement :S 2006/12/16 Envoûtement musical
On m’a envoyé une chanson. Chanson chinoise d’un groupe de nos jours, dont le nom « nouvelle rêve dans le pavillon rouge ». Une modulation et un rythme tout traditionnels.
J’ai été prise dans cette mélodie. A partir des premières notes, elle m’emporte dans un univers de quiétude relevant de la poétique chinoise d’il y a de milliers d’années. Les musiques traditionnelles comme telle, plus la poésie ancienne, peut exercer aisément un effet d’envoûtement en moi, qui établie un espace vide où le temps indépendant du présent circule, se reflétant ensuite une image d’ermitage montagneux.
Dans la musicalité traditionnelle habite une enfance éloignée. L’enfance de cette fille qui est maintenant en pleine migration et qui a souvent du mal à s’identifier. L’enfance où elle avait vécu le plus du traditionnel, grâce à sa maman. Toute petite, elle se réjouissait de chanter des poèmes anciens; plus tard, elle jouait au Yang Qing(tympanon), qui l’avait accompagnée pendant toute sa jeunesse. Elle s’hypnotisait sur les airs modulés qu’elle retenait par coeur, elle s’y plongeait dedans ; elle créait son monde à elle et à sa maman, entouré par les notes errantes. Il y avait longtemps, elle intégrait la tradition de cette façon, la musicalité désormais inscrite en elle.
Un souvenir réveillé, un chagrin caché. 2006/11/30 Chopper le Qi qui passe
Depuis mon arrivée, je m’amuse à écouter les universitaires parler de l’idéogramme, du taoïsme avec un ton d’enchantement et un air mystérieux, certainement d’origine de l’exotisme. Et il est très intéressant de voir la vision des Français sur la Culture chinoise (et vice versa, je suppose), qui rend les choses les moins importantes en une sorte de représentation culturelle. Dans une émission culturelle, on invite un sinologue, traducteur de Yi King, le livre des changements et de la mutation, à parler de la « mutation » de l’esprit des Chinois lors de la fête nationale de la Chine(1 Oct). Ce dont il parle n’est pas forcément vrai, j’ai l’impression qu’ il a exagéré plus ou moins ; pourtant il révèle des choses dans la tradition chinoise dont je n’avais pas fait attention auparavant: --L’appellation Zhong Guo : C’est à cause de Qin Shi Huang Di, l’empereur de Qin, que nous appelons la Chine « Qin »...la Chine s’appelle en fait Zhong Guo ,... ca veut dire « pays au centre du monde »...Il s’agit du sentiment du peuple chinois par rapport au reste du monde. --Révolution « culturelle » : ...Ca s’appelle culturelle, alors qu’ elle y’a détruit tant de biens culturelles ;c’est tout simplement parce que l’idéogramme par lequel on désigne cela en chinois, Wen , signifie à la fois « écriture, culture, et raffinement « ; et le Petit Livre Rouge est le 1er ouvrage qui a été écrit entièrement en caractère simplifié. Donc cela porte bien son nom en chinois Wen Hua Da Ge Ming , « grande révolution au sujet de l’écriture ». --L’adaptabilité et « suivre le flux » : Les Chinois ont marqué une évidence, résumée dans Yi King, que « la seule chose qui ne changera jamais, c’est que tout change tjrs tout le temps ».Donc l’adaptabilité est la condition nécessaire pr survivre. Dans la mutation industrielle qui change énormément, par ex, on n’a pas cette notion chez nous qu’ « il faut tjrs être prêt à suivre la conjoncture, à suivre le flux ». Une chose très curieux :les girouettes—pour nous c’est un très mauvais symbole. En Chine c’est le symbole de fidélité : la girouette est tjrs dans le sens du vent, dans le sens du flux.. --Ma-jong et « Chopper le Qi qui passe » : Un jeu chinois que je trouve qu’il faut enseigner dans toutes les écoles commerciales en occident, c’est le Ma-jong ! .... A chaque fois vous prenez un pion dans la pioche, vous en rejetez un autre jusqu’à ce que vous ayez organisé le 1er pied, ...donc il faut avoir au moins 2,3 plans pr pouvoir constamment être en face avec le flux, faut l’observer aussi ;et chaque fois le joueur doit jouer à son tour, sauf si l’un d’eux rejette la pièce qui vous permet de fixer votre pièce. A ce moment-là vous dites « Peng ! », Peng , « Chopper » en chinois. Le 1er sens de ce verbe, c’est « heurter », c’est-à-dire les deux choses en mouvement qui se rencontrent. Chez nous c’est un choc désagréable. En chinois, non, c’est « attraper ce qui se passe ». Un ami chinois qui connaissait bien le français m’avait dit qu’il s’étonnait qu’en français, notre français logique, nous puissions accoler au mot « chance », qch d’évanescent, le verbe « avoir »-- la possession matérielle : « avoir de la chance » ; en chinois, ça se dit Peng Yun Qi , « attraper de la chance » . D’une part, attraper, chopper, saisir Yun Qi . Qi, le souffle ;Yun, qui bouge :« attraper le flux en mouvement ». Donc « avoir de la chance », c’est « Attraper, chopper le Qi qui passe ». Romantisme français et Réalisme chinoisJ’ai eu l’occasion d’assister plusieurs fois les discussions des gens locaux sur la situation actuelle. Ici, ce sont souvent les gens âgés, cette bonne génération de Mai 68. Ils se retrouvent par hasard à l’arrêt de bus près du Auchan et discutent acharnement de la situation actuelle, du changement des pouvoirs, des anecdotes des anciens présidents, avec une nostalgie de l’époque des Mitterrand. Ils se misent en d’accord, se disputent, et cela continue dans le bus, à haute voix, malgré tout autre. En descendant, ils vont insister de nouveau leur point de vue en faisant un résumé et, pour terminer, ils s’interpellent : « Au revoir Camarade ! » C’est ce dernier qui me fascine le plus. Une autre fois, j’arrive avec une amie chez elle pour retrouver deux garçons qui ont l’air sérieux. « On vient de se disputer », dit l’un des deux, « je lui ai donné une leçon ». A peine assis, ils ont recommencé. Ils se parlent sans une voix élevée, mais avec l’accentuation des mots, une geste intensifiée, un air d’indignation. Mots clés : Lepan, racisme, étrangers—une des sujets les plus « chauds » dans les débats à l’approche de l’élection présidentielle. C’est à partir de leur façon de discuter, et de leur discussion même que j’utilise le mot « romantique ». Chez les Français se trouve une passion permanente pour la situation actuelle. Ils font souvent la réclamation, ils plaignent beaucoup, alors qu’ après tout la vie continuent, tranquillement, aisément. En Chine les gens discutent peu de la même façon. J’avais entendu beaucoup de complaints, mais sans exigence des changements de situation, autrement dit sans un espoir d’évolution. Sur cela, on peut dire que l’une des plus graves faiblesses de la nation chinoise, c’est l’obéissance, à cause d’une longue histoire de féodalisme (ce qui est bien vrai, et en même temps la raison pour laquelle existe une tradition de suivre le flux chez les Chinois), on peut faire fi de celui qui soupire sans rien dire ni rien faire. Certes. Mais supposons une réclamation acharnée à l’extrême : ce qui se poursuit, en France, serait-ce une évolution plus ou moins satisfaisante( l’affaire CPE en est un exemple) ; en Chine,très probablement une répression tranquille. 2006/11/22 Qu’est-ce qu’il y a sur le drapeau chinois ?(Désolée pour le désordre des articles, dont écrits récents et écrits rattrapés)
Dans un cours de sémiotique. Le prof parle de l’image sur les drapeaux.
--What is the image on the Chinese drap ? --The moon ! (Faint) --...The moon ?? You have the moon on the drap ?! --...Ah no no, the star ! (Pas trop terrible quand même) --Ok. Then how many stars ? --One ! (Multi-faints) --...Only one? --...Ah no, five, five ! Five stars form a cercle. (Mais le cercle c’est l’Union Européenne!!!)
Celle qui donne cette réponse, c’est l’autre Mundus chinoise de notre promotion, mariée en Singapour il y a pl. années après son Master en esthétique chinoise. En l’écoutant, ma première réaction était un « choc » (ce dont l’on a beaucoup parlé dans le cours d’ « Hétérologie »), puis l’ironie et l’absurdité, pour ne pas dire « la pataphysique ». Elle a dûe se tromper avec son anglais bien maîtrisé, sinon elle devait effectivement être dans la lune ; il se peut aussi qu’elle vivait toujours un envoûtement de l’idéologie classique chinoise.
Je finis par trouver poétique l’idée que la lune, véritable symbole dans l’ancien poèm chinois, soit présente sur le drapeau national, au moment duquel marquera la triomphe de l’idéologie. La Chine deviendrait donc un pays d’utopie, pays dont le peuple ont une croyance de la lune. Dans ce sens-là, je crois bien que ce serait la Chine avec un drapeau de lune qui ferait vraiment peur au monde entier.
N.B : Présentation du drapeau chinois--(Vive Wikipedia!) http://fr.wikipedia.org/wiki/Drapeau_de_la_Chine
2006/11/20 Etre plus chinoise en France -- Nostalgie intellectuelleEtre plus « chinoise » en France.
Avant mon départ en France, il y avait plusieurs amis francophones, Français ou Chinois, qui me disaient que j’avais une mentalité plutôt française. C’est également ce que je sentais moi-même à travers la différence de manière d’agir ou de penser par rapport à d’autres Chinois « ordinaires », il m’arrive parfois que je ne saurais plus repérer ma nationalité mentale.
Ici je me sens plus « Chinoise ». Cela non au niveau de mentalité, mais au fait que je suis devenue un support culturel de la Chine (qu’il soit vrai ou faux, peu importe) au yeux des autres. C’est donc avec du plaisir, voire avec une certaine fierté, d’offrir de petits cadeaux en présentant la calligraphie chinoise à une prof-artiste d’installation, en traduisant un poèm Tang de Li Bai à une spécialiste de Valéry ou en explicant un signe de bonheur dans la tradition chinoise à un rechercheur de sémiotique.
Je pense donc à essayer de faire appel à la philosophie ou des manières de pensée chinoises dans la rédaction des dossiers ou du mémoire. Un petit exemple, les prof de la discipline de sémiotique ici sont des disciples de C.S Peirce, qui « a brisé le dualisme, dominant notre manière de pensée depuis Platon » et par rapport duquel Saussure est jugé « nul », alors que la philosophie chinoise pense en « trois » il y a longtemps. Mais finalement, est-ce vraiment possible de le faire, vue que je ne connais pas théoriquement sur la philosophie chinoise (J’ai souvent envie des Français qui font leur cours de philosophie au lycée, et si les institutions chinoises faisaient un peu plus d’effort…) ? Mais je suis quand même Chinoise, et, J’AI le TEMPS.
Nostalgie intellectuelle
Le premier coup de la nostalgie m’est arrivé pendant la lecture des articles d’un ancien prof. Il écrit sur le Shanghai, sur les quotidiens dans cette ville internationalisée, sa charme qui se cache tranquillement derrière le grand flux de la modernisation. Il s’émerveille. Je m’émerveille avec lui, mon cœur rempli d’un certain soulagement et d’une douceur pour mon pays natal. Ville qui est aussi paradoxale que moi, de certaines manières.
Ce n’est pas encore à ce point-là que j’ai ressentis la mélancolie. Ce qui m’angoisse de plus en plus et qui suscite même une jalousie anonyme, c’est le fait qu’il parlait, justement, de la philosophie chinoise. La philosophie, surtout celle de la Chine, domaine que je rêve de maîtriser et que je le pourrais peut-être jamais. J’ai pris « Yijing » avec moi, j’avance peu. Ici déjà il y a trop de lecture à faire. C’est à partir de là que j’appelle une nostalgie intellectuelle, car il ne s’agit effectivement pas de là où l’on est, mais de l’approche de la discipline ou de la carrière. Je ressens donc, avec conscience, une impuissance devant la connaissance même, devant l’éloignement d’une riche civilisation de la Chine. |
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